Halte aux humiliations !!!

Finalement il vous faudra attendre quelques jours pour lire la lettre ouverte au ministre de la santé qui sera accompagnée de la pétition dont le nombre de signataires augmentent chaque jour, sous réserve que le site continue à fonctionner correctement car il a déjà connu quelques dysfonctionnements.

Quoiqu’il en soit, je tiens à remercier très sincèrement l’ensemble des patients qui sont venus me soutenir. Comme j’avais expliqué au départ de Bordeaux aux 35 personnes qui m’accompagnaient en train, nous pourrions savoir, dès le début de l’audience, si nous avions une chance d’être entendus.

J’ai été très ému  par le soutien actif que m’ont apportées différentes personnes que je n’avais jamais rencontrées auparavant  mais qui ont fait l’effort financier et physique de se déplacer à Paris pour m’assister dans mon combat , animées par le seul désir de s’impliquer dans la défense des libertés individuelles et de lutter contre toutes les injustices.

Depuis plus de 20 ans que je me rends à des audiences au sein de cette structure, soit pour moi soit pour soutenir des confrères, je  savais qu’il était facile de présumer du climat de la rencontre dès le début de l’audience (normalement exécution garantie).

La séance à laquelle vous avez assisté ne s’est pas déroulée comme la majorité des audiences de ce type. Généralement, vous vous trouvez  confrontés à un jury composé de membres acerbes dont l’âge plus que respectable impose un repos plus que conseillé et qui expédie votre affaire en moins de 20 mn. Les futurs condamnés font majoritairement  l’erreur de croire qu’il vaut mieux y arriver dans la repentance, le dos courbé avec pour seul argument de défense : « Excusez-moi, je ne savais pas que j’avais mal agi. »

C’est la seconde fois que je rencontre un jury  prêt à nous entendre correctement, la première avait eu lieu lorsque j’avais contribué à assurer la défense de mon ami le docteur Alain DUMAS de Saint Brieuc.

J’ai eu la chance comme lui d’être confronté à un conseiller d’Etat digne de ce nom et de sa fonction. Nous étions également accompagnés ce jour-là de notre humble serviteur et toujours aussi brillant avocat, maître Christian Frémaux.

 

Le docteur Dumas  lors de son procès à Paris avec Christian Frémaux

 

 

Je dois remercier ce jury qui nous a permis d’exprimer dans la dignité nos positions pendant près de deux heures et demie devant un auditoire de prés de 200 personnes.

Ceux qui étaient présents ont pu constater que cela n’a pas été toujours facile pour moi, l’émotion a très souvent étranglé ma voix. Rassurez-vous , ce n’étaient pas les larmes mais la rage d’être obligé de subir cette situation-là. J’ai souffert tout le long de cette audition du mépris exprimé par le docteur Evelyne Dupuy, médecin conseil de la C.P.A.M. de la Gironde, envers mes patients.

Quelle honte de parler de mes patients en les nommant par un numéro de dossier, d’autant plus que  certains étaient dans la salle. Quelques-uns étaient dans un  mauvais état physique et, malgré mon opposition, avaient tenu à être présents pour m’assister. Ils m’ont confié s’être sentis humiliés et ont été profondément choqués.

Manifestement ce dossier ne devait plus tenir la route puisque les médecins-chefs, les docteurs Martine SENCEY , Jean Jacques  ROUMILHAC et Michel  CORNIE, maitres d’œuvre de cette infamie, n’ont pas dénié se présenter. Ils ont préféré envoyer un second couteau de pâle qualité évidente. Mais comment briller avec un dossier ficelé de la sorte.

La sécurité sociale aurait mérité un meilleur défenseur mais il faut croire que le dossier était tellement mal bâti qu’aucun avocat n’a voulu venir en assurer la défense. Ceci est d’autant plus  choquant qu’une interdiction d’un an de donner des soins aux assurés sociaux, est une décision très lourde de conséquence, qui aurait du être étayée de manière magistrale par un dossier d’accusation accablant. Conscients de leur forfait, les véritables responsables de ce méfait se sont défilés car ils ne voulaient pas se faire traiter d’assassins potentiels, comme j’ai eu le loisir de lancer à la figure de leur collègue dés le début de ma plaidoirie.

Il est évidemment plus facile d’envoyer des lettres recommandées pour menacer des pires condamnations des personnes dont le seul méfait est d’avoir essayé de soulager du mieux qu’ils peuvent la souffrance de leurs patients et ainsi de savourer leur arrivée tremblante dans la salle  où ils finissent par s’excuser de fautes peut être  commises sans en comprendre la teneur. Avec moi, ils sont tombés sur un os. Mon avocat les a d’ailleurs prévenus avant de me laisser la parole.

Il est évident que je suis aidé par le choix professionnel qu’ils m’ont obligé à faire, à savoir le déconventionnement puis mon exil hebdomadaire de fin de semaine en Espagne.

Ces séjours réguliers en Espagne ne me laissent plus de temps libre à consacrer à la recherche comme auparavant, m’occasionne un surcroît de fatigue évident mais me permet d’exercer ma profession en toute sérénité sans avoir peur de leurs basses œuvres.

Lors de mon dernier article dans mon blog, je concluais « tant pis pour eux » et effectivement cette réunion n’a pas été sans émotion. J’ai même eu la très nette impression que le jury, dans sa quasi-totalité, a largement été ému par l’intensité dramatique de la situation et a manifestement compris le mauvais traitement que l’on me fait subir depuis de nombreuses années (je ne suis malheureusement pas le  seul) et la détresse de mes patients.

Naturellement, il en fallait bien un pour m’aborder de manière assez perfide : c’était le coup de pied de l’âne.

Si, depuis de nombreuses années, il était habitué à terroriser les interlocuteurs qui venaient se soumettre à son jugement, il a clairement été surpris par ma réaction agressive due à une profonde colère qui lui a fait avouer des énormités qui défient l’entendement. Il nous a clairement expliqué qu’il avait arrêté d’exercer depuis 4 ans pour raison de santé. Comment un médecin en arrêt d’activité  peut-il se retrouver devant cette juridiction? De plus, il a reconnu que sa dernière formation professionnelle remontait à quatre ans. Cela ne constitue-t-il pas une faute de procédure?

Nous avons arrêté l’échange verbal lorsqu’il a voulu expliqué maladroitement et avec obstination que les traitements hormonaux administrés dans le cas de cancer de la prostate n’avaient aucun effet secondaire. Il n’a pas eu conscience du ridicule de ses propos et j’espère qu’il aura à répondre un jour devant les victimes de ce type de traitement qu’il sera amené à rencontrer. Je ne saurai trop lui conseiller une nouvelle lecture du Vidal, notre livre de chevet, à nous médecins, pour une remise à niveau. « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » doit être sa devise.

J’avoue très franchement ne pas avoir eu une once d’humanité pour celle qui était venue défendre les assurés sociaux.

A l’instar du capitaine Haddock, dans Tintin et le temple du soleil, qui va cracher au visage d’un lama, à la fin de son séjour au Pérou, j’aurais aimé lui dire « Tu vas payer pour les autres mais tu vas aussi payer pour ce que tu as fait »

Je reconnais n’avoir aucune culpabilité à lui avoir infligé cette humiliation car j’ai trouvé son attitude proprement scandaleuse, indigne de la profession qu’elle est sensée représenter, en s’exprimant de la sorte au sujet de patients qui souffrent et qui plus est présents dans la salle.

A l’entendre, les médecins conseil devraient assurer la prise en charge exclusive  des patients cancéreux car, grâce à l’application stricte des protocoles, on peut tous les guérir;

c’est du moins ce qu’elle a essayé d’expliquer en bredouillant. Quelle piètre représentante de la Sécurité Sociale! J’ai eu honte pour les médecins-conseils car c’est une bien triste image qui nous en a été donnée. Heureusement que la majorité des médecins-conseil ont un autre état d’esprit.

Très souvent je n’ai eu qu’à me féliciter de leur collaboration pour la prise en charge de patients en grande  difficulté économique  par suite de leur état de santé et de leur compétence et de leur aide dans la prise en charge de patients victimes de « burn out » , n’hésitant pas à prendre des risques administratifs personnels pour aider ces personnes  dans la détresse .

Ces médecins ainsi que la majorité des employés des différentes CPAM sont les dignes héritiers des membres fondateurs de la sécurité sociale française, malheureusement leur hiérarchie au moins à l’échelon de la région aquitaine et du Lot et Garonne est loin d’avoir cette grandeur d’âme.

J’ai le regret de ne pas avoir appelé, lors de la conclusion de mon audition, plusieurs patients mis en cause et de leur demander de venir m’entourer et les mettre en face de ce médecin en lui disant :  » Regardez droit dans les yeux ces personnes, ce sont les numéros de dossier que vous n’avez pas eu la décence de présenter comme des personnalités à part entière en les nommant par leurs initiales pour respecter leur anonymat. Vous  vous êtes inquiété du non respect de l’application des protocoles mais jamais vous nous avez donné votre avis sur leur état de santé .

Regardez-les droit dans les yeux et pensez que chaque fois que vous allez monter un dossier pour nuire à un praticien de la santé, c’est à eux que vous nuisez ».

Cela n’aurait rien changé à la décision finale mais cela aurait pu être une belle conclusion, si toutefois ces patients avaient été d’accord.

Je suis entrain de préparer une lettre ouverte que je vais diffuser dans les meilleurs délais.

Il me faudra tout de même un minimum de temps pour la peaufiner.

La décision finale ne me parviendra pas avant un mois mais quoiqu’il en soit il est manifeste que nous avons déclenché un mouvement qui, j’espère, ne s’arrêtera pas là.

Il est évident que de nombreux citoyens ne supportent plus la mise aux normes strictes dans tous les domaines.

Nous sommes d’accord pour accepter des sacrifices que les difficultés économiques peuvent nous amener à faire mais nous ne voulons plus que l’on nous dicte le chemin obligatoire à suivre sous prétexte qu’en dehors de lui aucun bonheur ne serait possible.

C’est d’autant plus insupportable à tolérer que, de plus en plus, grâce aux moyens de communication dont j’ai largement bénéficié, nous pouvons prendre connaissance des différents niveaux de corruption qui gangrènent nos sociétés.

En fait mon dossier n’aurait jamais du aboutir devant cette juridiction du fait des différentes erreurs de procédure et des nombreuses falsifications dont il a fait l’objet de la part des agents des basses œuvres de la C.P.A.M.

Mon avocat et ami, mon compagnon d’arme depuis 20 ans, habitué à défendre de nombreux médecins, était à mes cotés pour assurer ma défense, maître Christian Frémaux avocat au barreau de Paris et cet excellent bretteur ne m’a pas déçu et a enthousiasmé l’assistance.

 

Christian Frémaux et Simone Brousse

 

 

 

Beaucoup, au début, ont eu du mal à comprendre notre système de défense mais c’est parce qu’ils ignoraient que nous étions en fait confrontés à un véritable tribunal d’exception et qu’en règle générale nous sommes dans l’obligation de nous présenter pour être condamnés et non jugés.

J’ai l’impression, cette fois-ci, qu’il y a un espoir d’être jugé différemment.

Il est manifeste que nous avons été entendus. Jusqu’où? Il est encore trop tôt pour le savoir.

Vous pourrez consulter régulièrement mon blog dans lequel je ferai part de mon jugement et que je vais continuer à nourrir car je ne suis pas à cours d’idées et d’informations à partager.

Amicalement à tous.

 

 

 

 

 

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Juste pour prouver que vous êtes bien un humain ! (et éviter le Spam) * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

*

19 commentaires sur “Halte aux humiliations !!!”